Je suis zèbre

Machu Picchu – 2012

Je suis zèbre 🦓
Surdouée, HP (haut potentiel), précoce. Tous ces mots qu’on utilise pour décrire les enfants pas « comme les autres ». A l’école a-t-on dit à mes parents que j’étais surdouée ? Non non non. Et je ne pense pas l’être. Je ne me suis jamais sentie plus intelligente que les autres ou plus douée. Alors pourquoi penserais-je que je suis surdouée? Ce terme n’a d’ailleurs jamais résonné en moi. Je n’ai jamais sauté de classe ou fait grande distinction à l’université mais pourtant, je me sentais sans cesse en décalage. Et puis, un jour, j’ai entendu le mot “zèbre” et l’explication donnée à fait sens. J’ai pu mieux me comprendre, m’apprivoiser et aimer ce zèbre en moi, différent des autres.

Un zèbre est unique. Chaque zèbre a des rayures qui lui sont propres, il n’y a pas deux zèbres identiques. « Zèbre » est donc le mot qu’on utilise aujourd’hui préférentiellement pour désigner les enfants précoces et qui évite justement d’apporter tous ces préjugés et idées reçues sur les « surdoués ». On ne va pas se mentir, quand j’étais petite un surdoué était vu comme le petit à lunettes, préféré du prof, toujours dans sa bulle. Personnellement, je ne suis pas rentrée dans cette catégorie, peut-être par soucis de conformisme ? On peut dire que je me suis plutôt développée comme madame parfaite, « le prof a dit que », « il faut faire comme cela »,… Je pouvais développer des crises de larmes si je faisais en dessous de 9/10 ou si j’avais une gommette orange à la place de verte ! L’hypersensibilité, le manque de confiance en soi, peut souvent pousser à vouloir être aimé de tous et à tout prix et donc au conformisme, à l’uniformité.

A côté de cela, j’ai été très tôt préoccupée par la mort et par le sens de la vie. Je ne me suis jamais sentie sur la même longueur d’ondes que les autres de mon âge et il était clair que j’avais une hypersensibilité émotionnelle (enfin, je dis ça avec le recul !). Eprouvant ainsi des émotions intenses et des attachements relationnels forts. J’avais peu d’ami(e)s car pour moi c’était sacré et notre lien était unique. Autant vous dire que la déception fut grande quand, à cet âge, les autres changent d’ami(e)s aussi vite qu’ils avalent un carambar ! Cet attachement décuplé s’exprimait aussi avec mes parents dont j’avais beaucoup de mal à me séparer. C’est simple, j’étais invitée chez une copine, je tombais malade. Trop d’anxiété à l’idée de quitter mon foyer et ceux que j’aimais. Depuis l’enfance, mes pensées tourbillonnent et jeune adulte je cherche rapidement de l’aide à l’extérieur, dans les livres, le soutien thérapeutique, pour trouver le bouton « off ». Le premier bouquin qui m’interpelle est : « Je pense trop. Comment canaliser ce mental envahissant », de Christel Petitcollin.

Aujourd’hui, adulte, je ne me sens pas avoir une intelligence mathématique ou encore spatiale plus développée que les autres, (tout ce qu’un psychologue peut mesurer grâce aux échelles de WAIS). Par contre, une intelligence intrapersonnelle, interpersonnelle, musicale, émotionnelle, spirituelle,… ça oui ! Totalement ! De cette façon, certains zèbres peuvent rester dans l’anonymat, ne montrant pas une intelligence correspondante aux critères de ces tests « classiques ».

Pour vous aider à comprendre, je suis la reine de l’introspection, je connais mes sentiments, mes forces, mes faiblesses, mes limites (même si on ne cesse jamais d’apprendre et j’adore ça), j’ai des rêves, des projets et j’agis en conséquence pour les atteindre. J’aime réfléchir, me discipliner (maîtresse dans l’art de l’organisation), me concentrer, j’affectionne la solitude. Je recherche l’expérimentation d’émotions intenses que ce soit par la musique, le cinéma, le voyage, la danse,… Je ne peux concevoir qu’une vie se résume au métro-boulot-dodo.

Mais j’apprécie aussi les moments d’échange et de partage avec les autres, toujours pour apprendre et évoluer. J’aime parler aux autres et avoir des débats constructifs. J’ai une bonne écoute et une forte empathie (ce pourquoi j’ai fais mes études en psycho). J’ai à cœur de résoudre les conflits et problèmes relationnels. J’aime diriger (parfois un peu trop) et convaincre. Je suis très sélective dans mes relations où la trahison et l’injustice n’ont pas de place !

L’un de mes traits principal est le perfectionnisme avec le danger de basculer dans une insatisfaction permanente car je pense qu’il y a toujours moyen de faire plus, de faire mieux.  L’ennui me guette souvent et j’ai d’innombrables projets plein la tête avec le risque du burn out. En effet, choisir, pour moi, est très compliqué car choisir, c’est renoncer et renoncer à tant de choses qui m’intéressent, c’est cornélien !

J’ai aussi toujours très peur de la mort et c’est un travail régulier pour moi de pouvoir gérer cette anxiété. J’ai tellement soif de la vie que l’idée de sa finitude est intolérable pour moi. Sans parler de la mort de mes proches. Ce sujet, on ne veut pas en parler, personne n’aime ça. Au moment où j’écris ces lignes ma poitrine se serre et les larmes coulent. Je sais que ce jour arrivera et j’ai peur de ne pas pouvoir me relever. C’est pourquoi, chaque instant est précieux et j’essaie de créer une multitude de souvenirs avec eux.

Vous le comprenez à travers ces lignes, être zèbre génère aussi beaucoup d’anxiété. Et c’est après de nombreuses lectures, plusieurs démarches thérapeutiques, des échecs, des voyages,… Bref, après un long chemin de développement personnel que j’ai pu identifier toutes ces particularités qui font mon individualité et que je peux aujourd’hui mieux me comprendre pour avancer dans ma vie personnelle et professionnelle. Cette compréhension est aujourd’hui une force et un incroyable facteur de résilience.

La richesse de la connaissance de soi est inestimable, c’est un trésor.

« Se connaitre est le début de toute sagesse ». Aristote.

Si toi aussi tu te reconnais dans cet article, je te propose cet auto-test.

Livres :

  • « Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué. » Jeanne Siaud-Facchin.
  • « Rayures et ratures ». Chloé Romengas.
  • « Je pense trop. Comment canaliser ce mental envahissant ». Christel Petitcollin.
  • « L’enfant surdoué. L’aider à grandir, l’aider à réussir. » Jeanne Siaud-Facchin.
  • « Hypersensible et heureux. » Imi Lo.

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